La Capoeira Angola

 
 

L'histoire de la capoeira

La Capoeira Angola puise ses racines dans la tradition bantoue, elle était utilisée par les africains du Brésil comme une forme de rébellion. Les capoeiristes s’appuyaient sur les stratégies guerrières africaines pour masquer l’efficacité de cet art aux yeux des surveillants des plantations.

Hier comme aujourd’hui, cet art apparaît aux yeux du premier venu comme une démonstration inoffensive de danse, d’acrobatie,de musique et de jeu. Le pouvoir subversif de la capoeira obligea les autorités à prendre des mesures très répressives. Durant la période de l’esclavage, des décrets furent votés pour interdire sa pratique ; les peines encourues étaient le bagne, les sévices corporels... La capoeira continue de déranger les autorités ; tant et si bien qu’elles décidèrent d'utiliser jusqu'à une époque très récente, des centres pénaux pour emprisonner les capoeiristes. Pendant des années, la capoeira fut pratiquée dans le secret, son enseignement n’ayant été légalisé que dans les années 30, soit 40 ans après l’abolition de l’esclavage...

Qu’est-ce que la Capoeira Angola ?

L’étymologie du mot capoeira fait débat. Certains écrivains brésiliens affirment qu’elle provient du groupe linguistique Tupi des amérindiens. Elle signifierait une zone de «  brousse » qui aurait été coupée ou brûlée. En portugais, la langue du Brésil, capoeira peut aussi signifier un vaste poulailler, un endroit où l’on « gavait » les oiseaux. Le Docteur du K. Kia Bunseki Fu-Kiau, originaire de la région Kongo (au sud du Congo), pense que le mot capoeira est réellement une déformation du mot kikongo "Kipura/kipula". Selon Fu-Kiau, à la fois pura et pula signifient « mouvement », voltiger d’un endroit à un autre ; lutter, combattre. Ces deux termes sont utilisés pour décrire les mouvements du coq de combat : les allers-retours d’avant en arrière et  de bas en haut mais aussi leurs mouvements tournants. Kipura, dans le contexte culturel kongo, désigne un individu qui s'appuie les techniques de combats de coqs.
Le jogo de capoeira (jeu de la capoeira) prend place à l’intérieur d’une activité rituelle et un cercle, appelé roda (cercle, roue, groupe social). La roda est un lieu où les capoeiristes se rassemblent et jouent la capoeira. Danseurs et observateurs forment un cercle, la "roda". A la base de ce cercle, se trouve la bateria, l’ensemble des musiciens et chanteurs.

La musique n’est pas juste un ingrédient de la capoeira. Elle est l'un des éléments essentiels. Elle installe l’atmosphère dans laquelle les capoeiristes peuvent s’exprimer de la façon la plus magnifique. La musique est là pour inspirer les joueurs et les mener au plus haut niveau d’interaction. Elle est utilisée aussi pour les calmer quand le jeu s’échauffe.

Le berimbau est l’instrument de musique le plus important. C’est un arc en bois avec une corde métallique. On y fixe une calebasse creuse qui crée une résonance lorsque que l’on frappe la corde métallique avec une mince baguette de bois (vaqueta). Le caxixi (sorte de hochet) est tenu dans la main avec la vaqueta. Avec ce rythme hypnotique, le berimbau est considéré comme l’âme de la Capoeira.

Dans les académies traditionnelles de Capoeira Angola, chaque instrument a une place spécifique dans la bateria.

Les instruments dominants sont les trois berimbaus ; aucun autre instrument ne doit être plus présent qu’eux. Il y a plusieurs types de chansons et il y a un ordre et un moment spécifiques pour chacune d'elle. 

Pour conclure, la musique est un des aspects les plus riches de la Capoeira.

Ce rituel commence lorsque deux joueurs entrent dans le cercle et s'accroupissent aux pieds des berimbaus. Un des joueurs chante une « ladainha », chanson rituelle du commencement. Ensuite, si son partenaire ne répond pas à sa chanson, il chante une « corrido », une chanson qui invite au jeu. Alors,  la chanson est reprise par l'un des musiciens et le jeu commence.

 Le « jeu de la capoeira » se caractérise par des mouvements dynamiques tels que les roues, les déplacements et les équilibres sur les mains, les coups de pieds circulaires et quelques acrobaties improvisées. A son niveau de pratique le plus élevé, la Capoeira est semblable à une conversation improvisée entre deux corps. C’est exactement la même énergie qui se dégage lors d’un concert de jazz.

Ken Dossar qui a étudié la capoeira écrit ceci :
Le but du « jeu de capoeira» est d’user de subtilité, de ruse et de techniques pour amener son partenaire à se retrouver dans une position sans défense ou d’être ouvert et vulnérable à un coup, un balayage... En sachant, bien sûr, que seuls, les mains, la tête et les pieds peuvent être en contact avec le sol.

Généralement, il n’y a pas de contact pendant les attaques. Un coup bien placé est suffisant pour forcer l’admiration, particulièrement quand le partenaire a été clairement amené dans une position sans défense. Toute attaque, esquive et contre-attaque s’imbriquent de façon créative au fur et à mesure que le jeu évolue. La liberté d’improviser et de créer toujours de nouvelles ouvertures font de la capoeira un art fluide et frais.

Il est intéressant de noter qu'il y a très peu de techniques d’attaque avec les mains dans la Capoeira. Certains pensent que les esclaves ont du favoriser les techniques des pieds et des jambes à cause des chaînes qui immobilisaient leurs mains. Cependant, Il est plus probable que cette pratique  soit directement en relation avec la tradition antique du Congo. Selon elle, les mains devaient être utilisées pour créer et les pieds pour le mal (destruction, punition). Fu-Kiau l’explique simplement par ce proverbe en dialecte « kikongo » "tunga de mu de Mooko, diatikisa de mu de malu" (les mains construisent, les pieds détruisent).
 
 
 
 
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